AFTER TETHYS – LIMESTONE SCARS | 2017


Vidéoprojection FHD, aspect ratio 2.39:1, 24p
Vidéoprojecteur true 24p DLP FHD rec709, lecteur multimédia true 24p, dispositif de diffusion sonore 2.1
Dimensions variables, 7’54’’


  • After Tethys - Limestone scars


After Tethys - Limestone scars, 7'54'' »



After Tethys – Limestone scars est un plan séquence qui relate les effets de l’eau au travers des âges sur les massifs montagneux calcaires qui se sont érigés du fond de la Tethys (1) jusqu’à 2000 mètres d’altitude, en particulier dans la région des hauts-plateaux du Vercors (France). Survolant un lapiaz (2) , la caméra opère des mouvements fluides et s’écoule dans les interstices structurels de son sujet même. En référence directe à la durée du travail de l’eau pendant des millions d’années, la combinaison d’un lent déplacement avec une mise au point fixe (à large ouverture) permet d’orienter le regard au sein même du contenu filmique (de par des jeux entre distances variables, bokehs, mouvements et ruines géologiques). L’oeil navigue alors entre les différents plans, en adéquation au parcours réalisé par la caméra. Ainsi, les repères glissent, se perdent et reviennent par intermittence dans ce paysage poétique et lunaire.


(1) La Tethys – Océan Alpin : cet océan s’est formé après le Paléozoïque (Ère primaire), pendant le Jurassique (205 à 160 millions d’années). Il est apparu au sein même de la Pangée en lieu et place de l’actuel massif alpin, entre les anciennes masses continentales Gondwana et Laurasia. Il s’est ensuite refermé pendant la période de l’Éocène, il y a environ 50 millions d’années. Les sédiments qui le composaient furent de la marne grise et noire (cf : les Terres noires situées vers Die, Drôme, France) ainsi que du calcaire déposé par la suite vers la fin du Jurassique (140 millions d’années). Ce calcaire forme aujourd’hui les massifs montagneux de la région. Dans le jeu de la tectonique des plaques, la plaque européenne (qui constituait le fond de la Tethys) glisse sous la plaque africaine et les matériaux sédimentaires déposés dessus se trouvent alors comprimés et plissés pour former le massif alpin actuel. Dès lors, on découvre les vestiges d’un océan à 2000 mètres d’altitude, que ce soient des compositions géologiques comme des traces de vie subaquatique (fossiles).

(2) Lapiaz – effets de l’eau et du temps : depuis 65 millions d’années, les ruissellements de l’eau et l’alternance gel-dégel façonnent lentement les paysages post océan alpin, selon les principes d’érosion et de dissolution. Progressivement, les roches les plus fragiles (ex : marne) se désagrègent, laissant apparaître des massifs calcaires. Le travail chimique de l’eau en surface et en profondeur au travers de fissures se poursuit pour donner lieu à des structures géomorphologiques calcaires caractéristiques : les karsts. Une catégorie de ces formations, les lapiaz, se trouve en surface. Elles sont empreintes de rainures et autres creux dus à leur dissolution : la roche est alors sculptée de façon spécifique, avant de s’écrouler sur elle même.