EFFET DE SIMPLE EXPOSITION | 2013


Installation in situ, coproduction : l’Angle espace d’Art Contemporain
Spots, lentilles de fresnel, relais, dalles sensitives, moquette, mdf
Dimensions variables



Une salle est plongée dans l’obscurité. Il n’y a rien à voir, il faut pénétrer afin d’en comprendre le sens. Dès lors qu’une personne entre dans la salle, elle se trouve illuminée par le haut, en temps réel selon ses déplacements. Tout ce qui est donné à voir ce sont les autres, ou soi-même, la conscience du soi parmi les autres. Le dispositif sacralise le spectateur et le présente comme seule matérialité de l’œuvre. Il s’agit d’une installation en perpétuelle évolution, toujours différente, à géométrie variable. Aucun parcours n’est défini, aucune obligation, il suffit simplement de déambuler, et‑ou d’observer, de s’interroger sur l’instant présent, de se laisser aller à une forme de voyeurisme ou encore, à l’inverse, d’exhibitionnisme.

Le titre, Effet de simple exposition, est un jeu de mots qui dans ce contexte peut prendre une signification plus littérale que celle qui lui est donnée (1). Les deux interprétations trouvent ici une raison d’être puisqu’il s’agit d’un effet d’exposition, tout simplement, d’un individu, sans détour.

Mais au sens psychologique, il s’agit aussi d’amener les personnes à pouvoir se scruter et donc se créer une image détaillée de l’autre, puisque la possibilité d’observer, de prendre le droit d’observer, afin de se représenter l’autre reste toujours un état de rassurance par rapport à l’inconnu. La crainte d’être vu lorsque l’on observe quelqu’un est ici neutralisée puisqu’il s’agit de faire l’expérience du dispositif qui devient une forme d’autorisation à la focalisation du regard sur autrui.


1 : effet de simple exposition : augmentation de la probabilité d’avoir un sentiment positif envers quelqu’un ou quelque chose par la simple exposition répétée à cette personne ou cet objet